Quels nouveaux usages pour l’Open Data ?

Le mouvement de l’open data est né d’un besoin absolu de transparence de l’action publique et d’une nécessité de développer la confiance entre les citoyens et leur administration, leurs élus. Mais ce phénomène évolue et les entreprises deviennent à leur tour actives dans la mise en œuvre de nouveaux dispositifs qui font appel aux principes de l’open data pour apporter des services nouveaux à leurs clients et une plus grande efficacité à leur organisation.

Quels nouveaux usages pour l’Open Data ?

Les entreprises deviennent actives dans la mise en œuvre de nouveaux dispositifs qui font appel aux principes de l’open data. © Pixabay

Pour répondre à ces nouveaux enjeux, et grâce au projet de recherche collaboratif Datalyse, eolas, groupe Business & Decision a pu développer LOD.eolas, une solution open source dédiée à l’open data, fonctionnellement riche, qui bénéficie d’une ergonomie intuitive et des meilleurs apports des technologies Big Data.

 

Une démarche tournée vers la citoyenneté avant tout

La loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale) encadre désormais la pratique de l’open data pour ce qui concerne les administrations publiques et les collectivités territoriales. Plus particulièrement, les EPCI (Villes, Agglomérations…) de plus de 3 500 habitants « doivent rendre accessibles sur Internet toutes les informations publiques dont elles disposent à partir du moment où il existe un format électronique de l’information et que cette dernière concerne leur territoire. ». Cette contrainte vise surtout à faire prendre conscience aux collectivités, quelle que soit leur taille, de l’importance de cette pratique pour la démocratie locale.

Il doit ainsi être possible pour toute commune, à moindre frais, de disposer d’outils simples d’usage, mais fonctionnellement riches, et puissants, une plateforme open data, à l’image du projet mené par la ville de Brocas (770 habitants), qui a pu créer sa plateforme de publication de jeux de données.

 

Le graal de la monétisation des données et la nouvelle orientation grand public

Les premiers projets Open data, il y a quelques années, se sont focalisés sur la réutilisation des données par des développeurs, notamment à travers l’organisation de hackathons, à grands renforts de communication dédiée à cette cible et avec un désir de monétisation des données ouvertes, en s’éloignant de l’objectif initial.

On sait maintenant que l’open data ne doit plus se focaliser sur cet usage de redéveloppement qui est plutôt une cerise sur le gâteau. Les démarches open data sont désormais majoritairement orientées vers le grand public avec des fonctionnalités adaptées :

  • Moteurs de recherche intelligents
  • Navigation intuitive
  • Accès direct aux données
  • Datavisualisation
La Datavisualisation, une des démarches open data

La Datavisualisation est une des fonctionnalités proposées dans une démarche open data. © eolas

 

Datavisualisation : cartes et filtres à facette

Exemple – Datavisualisation : cartes et filtres à facette © eolas

 

Il s’agit ainsi de répondre aux besoins du plus grand nombre : citoyens curieux, associations, journalistes…

Dans ce contexte de multiplication des jeux de données multiformes, il est primordial de disposer d’outils simples d’usage et surtout rapides dans leur exploitation, qui ne nécessitent pas de compétences en développement.

 

Une approche moderne de l’open data orientée vers les services

Ce mouvement initial de l’open data, lié à une amélioration de la vie citoyenne s’est élargi vers une vocation plus large pour l’amélioration de l’information et sa transmission en temps réel. A titre d’illustration, chaque investissement de la SNCF est évalué en regard du bénéfice qu’il apporte en terme d’information voyageur.

Le monde associatif est également engagé pour faire bénéficier aux clients des secteurs de l’industrie et des services (Banque / Assurance, Santé, Distribution, Energie…) une meilleure information, plus transparente et éclairée. Il faut citer dans ce cadre l’expérimentation de mesinfos.org, qui vise à rendre aux clients les données commerciales qui les concerne, sous forme de « self data ».

De même, de nouveaux services open data pourraient rapidement devenir légalement obligatoires, comme la fourniture de données ouvertes dans le secteur des transports publics, qui était intégrée au projet de loi « Nouvelles opportunités économiques ».

Certains acteurs ont même la volonté de créer une fiscalité sur les données numériques, sous forme de bonus / malus pour « inciter les collecteurs de données numériques à payer moins d’impôts en les partageant au sein d’une plateforme d’Open Data ».

Tout comme le secteur public a été précurseur sur d’autres pratiques du digital qui ne font plus débat (l’accessibilité numérique, la sécurité des systèmes d’information, l’open source, l’interopérabilité), il ne fait aucun doute que l’open data, qui est massivement promu par l’administration (à l’image des 20 000 jeux de données publiés sur data.gouv.fr) sera adopté par une majorité de secteurs d’activité du privé dans un avenir proche.

 

De nouveaux usages pour booster l’efficacité des organisations

A travers les expérimentations de Data lake, certaines organisations exploitent désormais les techniques de l’open data et du Big Data pour faire bénéficier leurs collaborateurs d’outils d’accès général aux données de l’entreprise et ainsi augmenter la transversalité. Cela permet par exemple au service client de partager plus facilement ses données avec le service financier, sans contrainte technique.

 

Vers une intégration sans couture avec les autres outils du digital et un usage temps réel

Nous observerons une convergence de plus en plus forte entre les outils open data et les autres démarches digitales des organisations, à l’image de l’accessibilité numérique au milieu des années 2000, les plateformes open data qui vivent aujourd’hui de manière isolée, vont fusionner avec les sites Internet institutionnels.

Les données ouvertes seront ainsi accessibles directement au sein des contenus éditoriaux, sans nécessiter d’accès à une plateforme dédiée à cet usage, et pourront ainsi bénéficier d’un apport éditorial, pour une expérience utilisateur plus intuitive, plus ludique et pour plus de cohérence dans la stratégie de communication des organisations.

Le linked data et ses apports sémantiques permettent également peu à peu d’augmenter l’usage de ces données pour créer de nouveaux services. Les plateformes dédiées deviendront alors des catalogues numériques accessibles aux entreprises pour leurs travaux de veille.

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Rodolphe Ode

Manager à Business & Decision Eolas

En charge de la practice de développement d’application et d’édition logicielle d’Eolas, groupe Business & Decision, intervient depuis 18 ans dans la création et l’exploitation d’applications digitales pour les acteurs du secteur public, de la distribution et de l’immobilier.

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