iBeacons, la technologie digitale qui surclasse Minority Report

Vous vous rappelez sans doute John Anderton, alias Tom Cruise, dans le film Minority Report qui, en fuite, se voit proposer une série de messages commerciaux adaptés à son profil sur des écrans géants partout où il passe. Ce “miracle” de la Science Fiction, avait été rendu possible parce que la rétine de John était scannée par des caméras et associée à son identité et son profil personnel. Cette situation qui avait pu en effrayer plus d’un et en faire rêver d’autres à l’époque (en 2002) est désormais possible grâce aux “iBeacons”, et a relégué cette science fiction à de l’histoire ancienne.

iBeacons, la technologie digitale qui surclasse Minority Report

iBeacons, une innovation lancée par Apple

Apparu pour la première fois, de façon très confidentielle, lors de la conférence des développeurs Apple en juin 2013, le terme “iBeacon” n’a eu de cesse depuis lors de faire le buzz, d’abord dans la communauté des développeurs puis dans la communauté des marketeurs.

Terme galvaudé, voire mal compris, l’iBeacon s’est frayé rapidement un chemin depuis le concept lancé par Apple jusqu’aux nombreux ‘prototypes’ des développeurs d’applications mobiles et études de faisabilité qui ont suivi son lancement. De même, les fabricants de hardware s’empressaient eux aussi de se ruer dans la mêlée de la balise compatible “iBeacon”.

Apple a eu l’intelligence de baser sa technologie sur une norme technique présente dans tous les smartphones modernes : le Bluetooth Low Energy (BLE). Celui-ci a transformé vos téléphones en émetteur ou en récepteur et les a autorisés ainsi à recevoir des messages contextuels (publicité, informations, vidéos, etc.).

Les iBeacons, comment ça marche ?

Un « beacon » (« balise » en anglais) est avant tout une balise émettrice d’un signal selon une fréquence prédéfinie, et ce, avec une puissance de transmission et un intervalle paramétrables. Ce signal peut être capté par le récepteur approprié, identifié et servir ensuite à déclencher une action prédéterminée au sein d’une application ou au sein d’un appareillage adapté.

Ces “beacons” se différencient des balises classiques, appliquées par exemple à l’aviation ou la navigation, par la technologie utilisée qui permet de véhiculer le signal de l’émetteur.

Le protocole Bluetooth Low Energy au cœur de la technologie des iBeacons

Les signaux de ces “beacons” particuliers utilisent le protocole Bluetooth Low Energy comme voie de communication. Basé sur la technologie Bluetooth développée en 1994 par Ericsson, le Bluetooth Low Energy (aussi appelé Smart en référence aux objets connectés) correspond à la version 4 de cette norme, utilise la bande de fréquence de 2,4 à 2,485 GHz et a une portée théorique maximale d’une centaine de mètres.

La technologie ibeacon

Les iBeacons utilisent comme technologie le protocole Bluetooth Low Energy.

Le terme “iBeacon”, déposé par Apple, correspond en fait à un composant logiciel qui définit plus précisément le format à utiliser pour identifier le signal, l’expérience utilisateur ainsi que certains paramètres du signal.

Trois zones principales sont distinguées afin de situer le récepteur par rapport à l’émetteur :

  • une zone immédiate, de quelques dizaines de centimètres,
  • une zone proche, de quelques mètres,
  • une zone lointaine, de quelques dizaines de mètres à une cinquantaine de mètres maximum.

 

Des balises pouvant être utilisées comme système de positionnement mobile intérieur

Ainsi, les balises correspondant à la norme “iBeacon” peuvent être utilisées comme système de positionnement mobile intérieur (contrairement au GPS qui ne fonctionne qu’en extérieur) et permettent donc de moduler le message aux utilisateurs en fonction de leur emplacement par rapport à l’émetteur.

Cependant, il est important de noter qu’il s’agit là d’un positionnement approximatif, et ce principalement à cause de l’instabilité du signal Bluetooth qui est facilement perturbé par d’autres signaux sur la bande des 2,4 GHz (sur laquelle se trouve aussi le Wifi), par les matériaux vivants (du fait de la présence d’eau dans ceux-ci) ou encore les matériaux de construction. Et si l’on symbolise souvent le signal émis par une série de cercles concentriques, il serait plus honnête de représenter celui-ci sous une forme aux contours flous, plus proche d’une tâche que de ronds dans l’eau…

Un émetteur + une pile = un iBeacon

Le nombre de sociétés fabricant des balises de type “iBeacon” a explosé en quelques années. D’Estimote à Gimbal en passant par Kontakt ou encore par le dongle USB de PayPal, les balises existent maintenant dans des formes et des couleurs variées.

Composées principalement d’un émetteur et d’une pile d’une autonomie plus ou moins longue, les balises peuvent être collées, fixées ou encore simplement posées là où le signal subira le moins d’interférences possible, en général en hauteur. Il aura alors la plus grande chance d’être capté par les appareils mobiles.

Cependant, ce serait nier le potentiel énorme des objets connectés de limiter ces balises à des objets simples et fixes. Les bracelets santé et les montres connectées sont ainsi, par exemple, autant de “beacons” en puissance.

Enfin, tous les smartphones compatibles, tablettes et phablettes peuvent à leur tour servir de récepteurs et d’émetteurs puisqu’ils comprennent le Bluetooth Low Energy. De quoi ouvrir encore plus le champ des possibilités des “beacons”.

La bêtise de la balise face à l’intelligence de l’application

L’intelligence du procédé ne se trouve pas dans l’émetteur qui envoie un signal simple qui ne fait qu’identifier la balise. Ce signal ne contient en effet en aucun cas le message envoyé au consommateur, au client ou au visiteur en possession du récepteur. La balise ne transmet donc aucun contenu.

En réalité, le « beacon » ne communique via son signal que trois paramètres (du moins dans le cadre de la norme iBeacon) : un identifiant universel unique (UUID) et deux autres valeurs numériques (Major et Minor). C’est en combinant ces trois paramètres que l’on va pouvoir identifier de manière unique chaque « beacon ».

On pourra alors associer un même UUID à toutes les balises d’une même entreprise, par exemple Intermarché, puis donner un même Major à toutes les balises présentes dans le supermarché de telle ville et enfin attribuer des Minor différents selon les rayons où seront situées les balises au sein du magasin.

Le smartphone doit être équipé d’une puce BLE pour capter le signal Bluetooth Low Energy de ces balises, et le Bluetooth doit être activé dans les préférences de l’appareil mobile. En revanche, il n’est pas nécessaire d’être connecté à un réseau data pour capter le signal, même si le réseau peut malgré tout s’avérer indispensable.

Une fois le déploiement de balises effectué selon un schéma prédéfini, c’est l’application mobile qui va être au cœur du système des messages à transmettre au client d’Intermarché. Les messages vont être transmis en fonction de la présence ou non du client dans le supermarché et des rayons dans lesquels ils se passent.

L’importance des choix marketing ou de l’annonceur

Une bonne connexion est bien sûr nécessaire dans le magasin ou l’entrepôt si l’on veut que le smartphone délivre des messages à jour, téléchargés directement d’un serveur de données centralisées.

Toutefois, la seule limite de ces messages va dépendre en réalité des choix du département marketing ou de l’annonceur. En effet, tout ce qu’une application mobile native peut faire pourra constituer le message reçu par le client. C’est là la force de ce concept ! Vidéos, coupons, informations détaillées sur un produit ou une oeuvre, message textuel simple, image : tout est possible et limité seulement par l’imagination des concepteurs et des marketeurs…

L’utilisation des iBeacons est multiple et offre des opportunités immenses à exploiter, bien au-delà de ce que l’on a pu découvrir dans Minority Report. Nous les aborderons dans un tout prochain article…

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la technologie iBeacon, vous pouvez nous laisser un commentaire ou nous contacter via ce formulaire.

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Eric Van Cutsem

Web Business Unit Manager à Uchrony - Business & Decision Belgium

Pluri-disciplinaire (informatique, biologie moléculaire, journaliste) et plongé depuis plus de 20 ans maintenant dans le monde de l'Internet, mon challenge et mon plaisir restent d'anticiper les nouvelles technologies qui seront demain les composants indispensables de notre monde numérique tant dans le web que dans le mobile.

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